Jet dencre no16 Collectif

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Jet dencre no16  by  Collectif

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LiminaireJean-Philippe BOUDREAUQue ce soit par le biais d’une note d’intention, d’un écrit préparatoire, d’un brouillon ou d’un scénario, il arrive fréquemment que l’écriture soit préexistante à une autre forme d’expression artistique. Or, une fois lMoreLiminaireJean-Philippe BOUDREAUQue ce soit par le biais d’une note d’intention, d’un écrit préparatoire, d’un brouillon ou d’un scénario, il arrive fréquemment que l’écriture soit préexistante à une autre forme d’expression artistique. Or, une fois l’oeuvre créée, ce matériau scriptural est le plus souvent relégué aux oubliettes, s’il n’est pas condamné d’office à un effacement progressif en cours de travail.

Tout se passe comme si le mot, supplanté par l’image ou le geste, devait nécessairement être gommé, raturé, pour éviter le bégaiement inutile de l’oeuvre ou la trahison de sa (peut-être maladroite) gestation. Ou alors, si l’écrit vient à persister, c’est en filigrane, comme la mémoire d’un palimpseste, un écho, une subtile trace permettant d’offrir une sorte d’épaisseur textuelle à l’oeuvre finale.Mais qu’advient-il, inversement, lorsque l’écriture est une finalité en soi et qu’elle s’aventure sur le territoire d’une autre discipline artistique?

La plupart des auteurs réunis dans ce seizième numéro se sont placés sous l’égide d’une nouvelle muse. Leur création nous témoigne qu’une littérature qui s’inspire des autres arts et qui s’enrichit de ces emprunts procède le plus souvent par addition de sens. L’allusion littéraire à un autre art agit en effet comme un supplément d’imaginaire. Aux moyens déjà déployés par le texte pour évoquer tout un monde s’ajoutent ainsi diverses techniques mises en oeuvre pour réussir, par exemple, à nous faire voir un tableau absent ou à nous faire entendre une musique inaudible.

Bref, l’art, dans la littérature, parvient souvent à nous révéler un monde dans un monde…Yan St-Onge nous propose notamment une promenade hivernale rythmée par le jazz de Miles Davis et la touche automatiste de Borduas.

Emmanuel Steiner met en scène un personnage obsédant dont les protubérances physiques semblent être le prolongement métaphorique de la structure ovoïde conçue par l’architecte Niemeyer devant le siège du PCF, à Paris. Dans sa série de « Visages » inspirés d’autoportraits de la peintre néerlandaise Charley Toorop, Marie-Josée Charest nous offre de petites ekphrasis poétiques où l’intimité développée avec le tableau et le peintre-sujet incite au tutoiement. En revanche, Stéphanie Filion préfère vouvoyer Jeanne Moreau, sans doute par déférence pour cette légendaire icône cinématographique rencontrée tour à tour chez Louis Malle, Fassbinder, Losey, Antonioni, Duras et Sophie Calle.

Deux photographies prises au tournant du vingtième siècle par l’écrivain irlandais John Milington Synge inspirent à Geneviève Machoël deux poèmes qui traduisent parfaitement le noème de l’art photographique formulé par Roland Barthes : « Ça a été ». Or cette incursion dans le noir et blanc du photographe n’empêche pas pour autant l’auteure de déployer sa propre palette.Au-delà de la citation directe, c’est parfois la manière de l’artiste qui inspire le poète… Chez Lynda Dion, la géométrie d’un désir à multiples facettes tient véritablement de la (dé)composition cubiste.

C’est également dans la « manière », celle du collage, que se rencontrent de façon encore plus littérale, chez Marie-Ève Comtois, la poésie et les arts graphiques. Par ailleurs, c’est pour défendre et légitimer la pratique d’une forme poétique généralement performée que David Goudreault a choisi de livrer par écrit un slam qui a des allures de manifeste.Enfin, comme le lecteur a toujours beau jeu de puiser dans ses propres références artistiques pour nourrir son imaginaire littéraire, on pourra aussi parcourir à sa guise certains textes plus « libres » dans lesquels on pressent une logique interne favorisant indéniablement les rapprochements.

Dans les « Deux poèmes tournants » de François Desfossés, par exemple, le jeu de permutations et de retour cyclique pourrait facilement nous évoquer la structure de la musique sérielle. La poésie tout particulièrement sonore de Julie Tremblay nous ramènerait quant à elle aux « clameurs sourdes » d’une musique concrète, qu’il s’agisse du « bruit des machines » ou d’un « cri de l’intérieur ». Chez Marie-Claude Lapalme, la musique nocturne et gnossienne d’un Satie pourrait, semble-t-il, très bien accompagner le parcours mélancolique de son « étrangère » aux allures d’Ophélie.

Un chant sacré ou incantatoire siérait davantage à sa poésie à la fois charnelle et anagogique. En traçant les « contours de l’ordinaire », Véronique Grenier nous joue un air connu, celui du quotidien, qu’une seule fausse note finit pourtant par perturber. Dans le texte de Mélanie Grenier, ce même quotidien a le goût amer d’une farce cruelle à la Todd Solondz avec, en prime, un « happy-end » assaisonné au vitriol…Du jazz dans la tempête / Yan ST-ONGELettre ferme et ouverte / David GOUDREAULTRévolution — Le bruit des machines – Le cri de l’intérieur / Julie TREMBLAYDeux poèmes tournants / François DESFOSSÉSLa fin des labyrinthes : Que moi — Ce qui s’enfuit Sous le lit — Avec le jour — Et le sel brûle / Lynda DIONVisages : Autoportrait au fusain — Autoportrait aux cheveux longs et gris — Autoportrait en clair-obscur — Autoportrait à la tête penchée — Autoportrait en croquis / Marie-Josée CHARESTCouleurs — Deux photos / Geneviève MACHOËLCollages / Marie-Ève COMTOISCabale, silence, déluge — L’étrangère / Marie-Claude LAPALMEAvec Jeanne : Les amants — Querelle — Eva — La Notte — Nathalie Granger — Prenez soin de vous / Stéphanie FILIONLes contours de l’ordinaire / Véronique GRENIEROvipalovsky / Emmanuel STEINERVers la maturité / Mélanie GRENIER



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